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Cancer de la prostate
 

Description
 

Au Canada, le cancer de la prostate est le type de cancer le plus souvent diagnostiqué chez les hommes. En 1999, au Canada, 16 600 hommes ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate.

Causes
 

Les tumeurs cancéreuses sont constituées de cellules qui ont subi des mutations génétiques. Ces changements génétiques entraînent la prolifération très rapide des cellules. Elles finissent par former une masse qui continue de croître et que l'on appelle une tumeur.

Chez certaines personnes, la mutation génétique est héréditaire. Environ 10 % des cancers de la prostate surviennent chez des hommes qui présentent certaines mutations génétiques. Toutefois, 90 % des mutations génétiques reliées au cancer surviennent après la naissance.

Il y a des gènes qui ne causent pas directement de cancers, mais ils rendent les cellules plus vulnérables aux substances carcinogènes (agents qui causent le cancer) présentes à l'extérieur de la cellule. C'est ainsi qu'on explique l'incidence deux fois plus élevée du cancer de la prostate chez les hommes de race noire, comparativement aux hommes de race blanche.

Divers facteurs peuvent aussi augmenter ou diminuer le risque de mutation et, par conséquent, de cancer. Les scientifiques croient que les facteurs suivants augmentent le risque de cancer de la prostate.

  • âge - plus de 80 % des cancers de la prostate sont diagnostiqués chez des hommes de plus de 65 ans
  • antécédents familiaux - le fait d'avoir un père ou un frère atteint du cancer de la prostate augmente le risque du double
  • race - les hommes de race noire sont plus susceptibles d'être atteints d'un cancer de la prostate
  • géographie - le cancer de la prostate est rare en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud
  • le poids corporel, l'inactivité physique - les hommes obèses et inactifs sont touchés par des taux plus élevés de cancer de la prostate.

Le régime alimentaire serait un facteur crucial dans le cancer de la prostate. Le fait que les hommes de race noire en Afrique soient beaucoup moins souvent atteints du cancer de la prostate que les hommes de race noire américains permet de croire que le régime alimentaire et le mode de vie jouent un rôle dans l'étiologie de la maladie. Des recherches ont mis en évidence une relation entre les régimes alimentaires riches en matières grasses et le cancer de la prostate. Selon certains experts, une consommation insuffisante de fruits et de légumes est en cause; les hommes dont le régime alimentaire est riche en matières grasses sont plus souvent touchés par le cancer parce qu'ils mangent moins de légumes. Outre les matières grasses, un apport élevé en calcium alimentaire, provenant des produits laitiers, a été relié au cancer de la prostate.

Par ailleurs, certains aliments protégeraient du cancer de la prostate. Les tomates, le pamplemousse et le melon d'eau contiennent tous du lycopène, une substance chimique qui a été reliée de façon concluante à un risque moins élevé de cancer de la prostate. De nombreuses études ont également révélé un effet protecteur de la vitamine E.

Symptômes et Complications
 

En général, les tumeurs prostatiques cancéreuses sont de petite taille et ne produisent aucun symptôme. C'est pourquoi la plupart de ces tumeurs sont mises en évidence seulement par des analyses de sang ou par un traitement chirurgical motivé par une hypertrophie bénigne de la prostate, dont les symptômes sont souvent marqués.

Les tumeurs volumineuses, au stade avancé, exercent une pression sur d'autres organes, p. ex. la vessie, ce qui cause une incontinence ou rend la miction difficile ou douloureuse. Ces tumeurs nuisent à l'activité des nerfs qui déclenchent l'érection, ce qui cause l'impuissance. Au stade avancé, les tumeurs peuvent aussi exercer une pression sur la colonne vertébrale ou sur le bassin, ce qui cause de la douleur. Certains hommes éprouvent de la douleur ou une sensation de brûlure lorsqu'ils urinent ou de la douleur lorsqu'ils éjaculent. Parfois, l'urine ou le sperme contient du sang. Certains hommes se plaignent de douleur ou de raideur dans le bas du dos, les hanches ou le haut des cuisses.

Si des cellules de la tumeur sont libérées dans la circulation sanguine, elles peuvent migrer vers d'autres parties de l'organisme et commencer à se diviser pour former de nouvelles tumeurs. Cette migration est appelée dissémination métastatique. Les nouvelles tumeurs sont appelées métastases. Un cancer métastatique peut provoquer de la douleur dans d'autres parties du corps.

Les cellules cancéreuses libérées par la tumeur peuvent être transportées dans le sang, mais également dans le système lymphatique, un réseau de vaisseaux dans lesquels circule la lymphe, un liquide clair qui contient des déchets et des cellules immunitaires. Les cellules cancéreuses peuvent ainsi atteindre les ganglions lymphatiques et d'autres organes. Dans le cancer de la prostate, le système lymphatique est le principal moyen de transport des métastases. Des tumeurs secondaires peuvent croître dans les poumons, le cerveau, les os, les ganglions lymphatiques ou ailleurs dans l'organisme.

Diagnostic
 

Le test de dépistage du cancer de la prostate est appelé dosage de l'antigène spécifique prostatique (ASP). L'ASP est produit par les cellules de la prostate, et chez tous les hommes, les concentrations d'ASP peuvent être mesurées dans un échantillon de sang. Les hommes atteints d'un cancer de la prostate présentent souvent une concentration d'ASP plus élevée que la normale.

Le médecin peut également effectuer un autre examen appelé toucher rectal, c.-à-d. qu'il palpe la prostate de son doigt ganté. S'il soupçonne un cancer, il ordonnera une ponction biopsie à l'aiguille, qui consiste à retirer des cellules de la prostate à l'aide d'une seringue. Le médecin ordonnera également le prélèvement d'un échantillon des ganglions lymphatiques pour rechercher des cellules cancéreuses.

Si les résultats évoquent un cancer, un spécialiste, appelé urologue, évaluera ensuite la taille, le stade et le grade de la tumeur. Ces données orienteront le choix du traitement du cancer.

Traitement et Prévention
 

Comparativement à la plupart des autres formes de cancer, les tumeurs prostatiques évoluent lentement et de manière non agressive. Elles ont également tendance à apparaître tard au cours de la vie. Les petites tumeurs, surtout chez les hommes âgés, ne sont pas opérées, et la stratégie consiste à attendre et à surveiller la tumeur. Le médecin procède régulièrement à des examens pour vérifier que la tumeur ne croît pas plus rapidement que prévu.

Par contre, lorsque le cancer a envahi d'autres structures que la prostate, il faut administrer des médicaments anticancéreux et des analgésiques. Veuillez consulter la section générale sur le cancer.

Lorsque le cancer est encore circonscrit à la prostate, on recourt à un traitement chirurgical. L'intervention classique est la prostatectomie radicale, c.-à-d. l'ablation totale de la prostate. Les chirurgiens pratiquent une incision à l'abdomen ou entre l'anus et le scrotum pour enlever la prostate. Cette méthode est celle qui entraîne les meilleures chances de guérir le cancer de la prostate.

L'ablation de la prostate peut avoir des conséquences importantes, notamment l'impuissance et l'incontinence. Après l'intervention chirurgicale, la possibilité d'obtenir une érection est fonction de la présence ou de l'absence de lésions des nerfs adjacents à la prostate. Quelquefois, les nerfs sont touchés par le cancer et ils doivent être excisés. Parfois le médecin décide de laisser ces nerfs en place, mais le patient devient quand même impuissant. Les hommes doivent discuter avec leur médecin de la possibilité d'une intervention avec épargne nerveuse.

Parfois, le tissu cancéreux est détruit à l'aide d'une sonde à froid (cryochirurgie) qui gèle le tissu. Cette technique peut également entraîner l'impuissance. Cette intervention est assez récente, et on ne sait pas encore si l'efficacité à long terme est aussi favorable que celle de la prostatectomie radicale.

La radiothérapie a également pour but de détruire le tissu cancéreux. Cette modalité de traitement entraîne un risque plus élevé d'impuissance et d'incontinence, bien que les nouveaux appareils permettent de mieux cibler les rayons sur le tissu cancéreux seulement. Le chirurgien peut également mettre en place des implants radioactifs dans la glande prostatique.

L'hormonothérapie a pour but de diminuer les concentrations des hormones mâles (ou androgènes), notamment la testostérone. Les cellules cancéreuses prostatiques ont besoin des androgènes pour se multiplier. L'hormonothérapie contribue aussi à diminuer la taille de la prostate. Cette modalité ne guérit pas le cancer, mais elle peut être utile avant une intervention chirurgicale, surtout avant la cryochirurgie. Ensemble, l'hormonothérapie et la radiothérapie sont souvent administrées aux patients dont le cancer dont le cancer continue de s'étendre ou réapparaît après le traitement chirurgical. La chimiothérapie habituellement opposée au cancer n'est pas utilisée couramment pour traiter le cancer de la prostate, sauf pour soulager les symptômes causés par les métastases.

Le médecin doit expliquer au patient les diverses options de traitement en fonction de la taille, de la nature et du siège de la tumeur.

Les hommes qui craignent d'être atteints d'un cancer de la prostate et qui présentent plus d'un des facteurs de risque énumérés à la rubrique Causes doivent consulter leur médecin pour obtenir un dosage de l'ASP et subir un examen par toucher rectal.

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